Universités: le gouvernement négocie, le mouvement continue

Publié le par sankadream

PARIS (AFP) — Le mouvement universitaire, qui a moins mobilisé cette semaine, prépare une nouvelle journée d'actions jeudi 2 avril, tandis que le gouvernement amende ses réformes et que les présidents d'universités demandent désormais la reprise des cours.

En cours depuis deux mois, la mobilisation universitaire a marqué le pas mardi dernier, avec 10.000 à 23.000 manifestants selon les sources et particulièrement peu en province.

Pour autant, la coordination nationale des universités ainsi qu'une intersyndicale (FSU, CGT, Solidaires, FO, Sauvons l'université, Sauvons la recherche et l'Unef) appellent à une nouvelle journée de manifestations jeudi, neuvième semaine du mouvement.

Objectif: la "défense du service public de l'éducation, de la maternelle à l'université".

Appelle aussi à ce rendez-vous, "après l'école ou le travail", un large collectif, "L'Education est notre avenir", qui regroupe des syndicats enseignants (dont ceux du primaire, des collèges et lycées), des organisations lycéennes, des parents d'élèves et des associations pédagogiques.

L'idée : avoir "1.000 manifestations et rassemblements devant les établissements scolaires, les universités et sur les places publiques", pour protester notamment contre les suppressions de postes dans l'Education.

Des actions médiatiques, qui caractérisent le mouvement universitaire depuis son début le 2 février - cours hors les murs, lectures publiques, rondes, etc. - sont encore prévues.

Sans oublier des occupations - comme le CNRS ou des bâtiments de la Sorbonne jeudi - ou les blocages d'universités qui pourraient se poursuivre. Le collectif Sauvons l'université et le gouvernement estiment tous deux que le mouvement se "radicalise".

Pourtant, le gouvernement continue d'amender certains points de ses réformes, voire de reculer.

Mercredi, Valérie Pécresse, ministre de l'Enseignement supérieur, a amendé son projet de réforme du statut des enseignants-chercheurs (sur les promotions, les heures supplémentaires, etc.), obtenant l'aval par 17 voix sur 30 d'un comité consultatif composé à parité de l'administration et des syndicats.

S'il reste contesté - le Snesup-FSU, principal syndicat, et FO ont quitté les discussions, tandis que la coordination nationale des universités le rejette toujours - , ce texte devrait être celui transmis en Conseil d'Etat.

Après ces "évolutions" sur une réforme à l'origine de la fronde dans les universités, leurs présidents ont appelé à "reprendre les cours" dans les établissements perturbés.

Sur une autre réforme contestée, celle de la formation et du recrutement des enseignants des écoles, collèges et lycées, le gouvernement a cédé vendredi sur un nouveau point: Mme Pécresse et Xavier Darcos, ministre de l'Education, ont accepté le maintien pour 2009-2010 du dispositif actuel d'inscription à la préparation des concours.

Les étudiants peuvent donc encore cette année s'inscrire en première année d'IUFM (Instituts de formation des maîtres) et cette première année permettra d'avoir une équivalence en master 1.

La réforme prévoyait initialement que la formation des futurs enseignants soit confiée dès la rentrée prochaine aux universités et non plus aux IUFM.

Pour 2010-2011, les discussions semblent ouvertes sur plusieurs sujets (contenu des concours, calendrier, etc). De sorte que la FSU a parlé de "recul" et de "remise à plat du dispositif tel qu'il était envisagé" auparavant. Pour le Sgen-CFDT, le gouvernement a "sagement repoussé tout ce qui était impossible à mettre en place".

Publié dans revues de presse

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