Vous connaissez « le loup et les 7 cabris » ?

Publié le par sankadream

Vous connaissez « le loup et les 7 cabris » ? C’est l’album que mes CP lisent et je trouve que cette histoire ressemble étrangement à ce qui nous arrive avec la réforme formation… Une version frères Grimm du cheval de Troie…
Il y a une semaine, on en était aux cabris qui ne voulaient pas ouvrir la porte, informés du danger.
 Mais ensuite, le loup, malin, a montré voix douce (concours maintenu, zeste de stage, sourire aux maîtres formateurs…). Les cabris, tentés mais pas si naïfs quand même, n’ouvrent toujours pas la porte. Alors, le loup, qui a de la suite dans les idées, montre patte blanche (inscription dans les iufm…).
ET LA PORTE S’OUVRE !
J’espère tout de même que l’histoire va bien se terminer, et qu’on va pouvoir tuer la réforme, chacun contribuant à la truffer de pierres et qu’au bout du compte, elle va se noyer au fond du puits !
Parce qu’il y a deux analyses possibles à ce qui a été obtenu, analyses d’ailleurs pas forcément divergentes :
1 . Grâce à nos mobilisations, le gouvernement recule : la lutte a payé. Dans ce cas, il faut continuer car ce que l’on a obtenu est une avancée, certes, mais insuffisante : la réforme de la mastérisation se fera si on ne reste pas mobilisé.
2. Le gouvernement a parfaitement œuvré pour essayer de nous coincer en nous concédant quelques miettes, de façon à briser la contestation.
Dans ce cas, il faut continuer à dire haut et fort que l’on ne peut accepter cette manipulation.

Il y a un point commun à ces deux analyses, c’est que le gouvernement profite largement de nos hésitations, de nos divisions. Ne payons pas le prix d’une incapacité à avoir un front syndical face à ces réformes.

Donc, continuons à œuvrer pour une convergence de nos revendications, à tous les niveaux.
Ce qui est unitaire, c’est la base de nos mentions, sur lesquelles il faut s’arque bouter coûte que coûte : Pas de mesures transitoires Retrait de la réforme Des Etats Généraux de la formation Parce que, au bout du compte, ce sur quoi nous nous battons depuis le début va se mettre en place si nous ne réagissons pas MAINTENANT. Une formation de bric et de broc ficelée à la va vite, mettant en concurrence universités, iufm et j’en passe…

Une formation professionnelle et disciplinaire plus qu’à la baisse… Un ersatz de dispositif de stages, formant de fait très peu les futurs enseignants… Une remise en cause à terme du statut de fonctionnaire stagiaire, rémunéré… Avec, pour couronner le tout, un référentiel de compétences qui transforme en profondeur la culture et les ambitions de l’école, avec une idéologie de l’individualisme Sans oublier la pagaille savamment orchestrée entre les M1 qui …, les M2 qui …, les lauréats qui …, les candidats libres qui …, avec des équivalences ou non qui… avec le concours qui… où, quand… ?
 Et les reçus-collés qui alimenteront de fait, à plus ou moins brève échéance, un vivier fort intéressant de précaires de l’éducation.
Je sais que j’en oublie dans ce répertoire à la Prévert, mais vous pouvez remplir vous-même les cases manquantes, pardon, les casses manquants !
Il faut donc continuer nos actions : faire barrage à la remontée des maquettes, faire de l’ultimatum du 31 mars une journée forte de mobilisation : « Nous ne sommes pas dupes ! » et du 2 avril une journée de convergence avec parents et enseignants : « Tous ensemble, non ! »

Et se revoir pour réaffirmer notre refus de la « mastérisation » qui, sinon, se fera en douce, une fois que l’on sera rentré dans les rangs… l’année suivante. Donc, coordination nationale FDE samedi 4/04 ? Pour ne pas tomber dans le piège qui nous est tendu : ne nous laissons pas berner par la voix douce et la patte blanche… fermons la porte et truffons la réforme de pierres pour qu’elle tombe au fonds du puits ! Nous sommes encore en position de force ! On peut et on va gagner !

Ensemble ! Sylvie Clabecq, PEMF Nantes

Publié dans revues de presse

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