Analyse très détaillée de la lettre de Darcos

Publié le par sankadream

Voici une analyse très détaillée de la lettre de Darcos
c'est d'André Ouzoulias (PIUFM Cergy)

Le texte de la lettre adressé par Xavier Darcos aux syndicats ce 20 mars (en PJ) peut être analysé sous deux angles : les concours et laformation.
Quant au volet concours, le ministre fait une concession qui se dessinait déjà dans le communiqué MEN-MESR du 17 mars. Il annonce le maintien des concours dans leur configuration actuelle, ce qui apparaît comme une réponse à la principale de nos revendications de ces dernières semaines.
Mais, ne nous y trompons pas, comme le maintien des épreuves est assorti d'une modification des conditions d'inscription énoncée au § 8 (seuls pourront s'inscrire les étudiants disposant d'un master ou inscrits en M2), cette concession est sans aucune valeur. En changeant le niveau de recrutement dès la prochaine session, XD
engage en effet le processus de mastérisation voulu par le gouvernement dès 2009-2010, processus dont nous avons dit que, tel qu'il est conçu, il conduirait à une grave détérioration de la formation des enseignants.
Le communiqué de la FSU et de ses syndicats en réaction à ce courrier ne prend pas en compte ce fait. Or si les syndicats acceptaient la modification des critères d'inscription, le processus de mastérisation serait lancé, avec leur accord, dans des conditions d'improvisation inacceptables au regard des exigences d'une formation d'enseignant. Les risques les plus importants que nous avons pointés jusqu'ici ne seraient pas évités : mise en concurrence des universités, des départements et des IUFM, maintien d'une année de M2 avec des objectifs inconciliables (ECTS du master, mémoire de recherche, concours et, éventuellement stage !), une 5e année de formation qui n'est plus rémunérée, dissolution progressive des IUFM, de leur potentiel de compétences et de recherche…
 Si nous demandions le maintien des concours dans leur format actuel l'an prochain, ce n'était pas pour voir la réforme se mettre en place avec les concours actuels !
En dehors de l'objectif d'économiser quoi qu'il arrive les 20 000 postes de fonctionnaires-stagiaires de bac + 5, on cherche vainement une cohérence dans :
a) le maintien des concours dans leurs épreuves actuelles en 2010 et 
b) la réforme du processus de formation.
Mais on peut se demander jusqu'à quel point le ministère croit aux promesses qu'il est en train de faire. En effet, la modification des conditions d'inscription demande des décrets interministériels pour remplacer ceux de 1972 (PLC) et de 1990 (PE) qui disent que la licence ou son équivalent dûment reconnu sont la condition d'inscription (les dérogations exceptionnelles annoncées au § 8 du courrier de Xavier Darcos n'y changent rien).

Or, un décret interministériel demande environ 6 mois de délai, si tout va bien (rédaction d'un projet, consultations, rectifications, lecture et avis du Conseil d'État, du CSE, du Conseil supérieur de la fonction publique, du CNESER, publication…). Et, pour l'instant, il n'y a même pas un projet soumis aux syndicats !
Nous devons demander le maintien des concours actuels, des conditions d'inscription et des formations existantes, ainsi que l'ouverture immédiate des préinscriptions à ces formations dans le cadre réglementaire encore en vigueur, conditions pour qu'une négociation puisse se concevoir.
Quant au volet formation, il n'y a rien de très nouveau par rapport aux précédentes annonces. Seule la validation des stages dans le cadre du master reçoit quelques précisions nouvelles (§ 5).
Ces derniers développements ne peuvent que renforcer notre motivation à demander des rencontres bilatérales à la CPU (en cours) et aux syndicats, c'est-à-dire au SNES, au SNUIPP, au SE, au SGEN, à SUD, à l'UNEF, le plus vite possible dans la semaine prochaine, pour défendre auprès d'eux les positions de la Coordination nationale
FDE : maintien en 2009-2010 des concours (épreuves et conditions d'inscription), maintien des formation existantes (d'où les préincriptions), organisation d'un processus de réflexion sur la formation des enseignants, impliquant toutes les parties prenantes, sous la forme d'Assises Nationales.

Publié dans revues de presse

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